[Critique] Paddington réalisé par Paul King

 Paddington réalisé par Paul King


 
Note : 3/5
 
Paddington raconte l'histoire d'un jeune ours péruvien fraîchement débarqué à Londres, à la recherche d'un foyer et d'une vie meilleure. Il réalise vite que la ville de ses rêves n'est pas aussi accueillante qu'il croyait. Par chance, il rencontre la famille Brown et en devient peu à peu un membre à part entière.
 
***
 
Un film agréable mais sans grande prétention proposant une belle histoire qui ne réinvente pas le fil à couper le beurre.
 
Paddington m'a laissé une impression en demi-teinte. Je ne me suis pas ennuyée lors de la projection, l'histoire est attachante et bien construite, le rythme est bon mais je n'ai pas été totalement conquise. Ce film se place dans le genre du « film familial de noël » qui tend à s'adresser aussi bien aux parents qu'aux enfants. L'histoire est simple, classique... déjà vu malheureusement.
 
Comme Peter et Elliot, Mary Poppins ou Space Jam, Paddington mêle prises de vues réelles et animations. Les capacités techniques actuelles permettent une très belle intégration de l'ours dans l'univers concret et coloré de Londres. Le film est très plaisant à regarder pour qui apprécie la capitale britannique puisque proposant de nombreux plans qui s'attardent sur les principaux monuments de cette ville emblématique – un petit circuit touristique proposé dans une salle de cinéma. Mais le film va au-delà de la simple transcription positive d'une ville en travaillant minutieusement la maison de la famille Brown, élément qui m'a peut-être le plus convaincue du film. L'esthétique développée m'a rappelé le fantastique Moonrise Kingdom avec ses intérieurs colorés qui semblent sortis d'un rêve et ses plans qui découpent la maison comme une maison de poupée. Chaque pièce est soignée et transmet énormément d'information quant au personnage qui l'occupe, plus encore peut-être que les dialogues qui n'ont rien de très enthousiasmants. Le bâtiment de la Société des Géographes m'a enchanté, pour le peu qu'on en voit.
 
Les personnages pourraient être attachants s'ils n'étaient pas si classiques et j'ai regretté que certains ne soient pas poussés un peu plus loin, je suis restée sur ma faim à propos de certaines situations qui auraient pu rendre la famille Brown plus intime. Paddington quant à lui n'oppose aucune fausse note, c'est un personnage drôle et touchant, confronté à une situation nouvelle et potentiellement dangereuse à laquelle il fait face avec douceur et intelligence. Il est malheureusement trop lisse pour être plus qu'un pâle héros de film, attachant comme un ours en peluche. Je regrette que les seules propositions pour le rendre un peu moins traditionnel se soient bornées à quelques situations à l'humour un peu lourd et déjà vu. Quant à la méchante, elle tend vers la tradition de la très fameuse Cruella, partageant avec elle une passion qui nécessite la mise à mort d'animaux innocents, sans réussir à effleurer l'intérêt potentiel d'un tel personnage. Comme les autres elle est déjà vue et revue.  Je n'ai finalement pas compris sa présence dans le film, si ce n'est pas rajouter un élément dramatique dont le propos initial aurait très bien pu se passer (et qui aurait donné un film peut-être un peu plus original ?). Car à quoi bon faire planer une menace de mort sur un ours qui en voit déjà de toutes les couleurs ? Avait-il besoin de cette situation pour permettre à la famille Brown de se retrouver ? Je vous laisse juge mais j'ai personnellement des doutes.
 
Le propos sous-jacent du film ne me semble pas assez creusé. Le film critique la société individualiste, représentée par Henry Brown ou Mr Curry, mais d'une façon trop légère pour apporter un propos intéressant sur le sujet et Millicent est tellement caricaturale qu'à aucun moment on ne peut sincèrement repenser la situation des animaux. Le film, d'ailleurs, prend le parti qu'un ours qui se promène en ville affabulé d'un chapeau et d'un manteau est un fait, certes surprenant mais pas absolument incongru. Loin de penser qu'un film doit absolument porter des discours politiques ou philosophiques j'aime quand ceux-ci sont pleinement assumés. Les potentielles remises en questions abordées le sont plus par traditions scénaristiques que découlant d'une réelle réflexion sur ces questions. De fait le film ne pousse pas vraiment à réfléchir à ce qu'il se passe mais à passer tout simplement un moment de détente devant un film facile à comprendre et à appréhender, même par les plus jeunes.
 
***
 
Dans l'ensemble le film ne contient aucune fausse note absolument condamnable. Je regrette l'absence d'audace et d'ambition qui mine toute tentative d'originalité. Ce film ne cherche visiblement pas à apporter de nouvelles réponses à des situations déjà régulièrement abordées dans les films « tout public ». Face à Lou ! Journal infime ou Astérix il fait plutôt pâle figure. Cela ne l'empêche pour autant pas d'être sympathique à regarder et permettra sans doute de belle sortie cinéma en famille.
 
Réalisateur : Paul King – Date de sortie : 3 décembre 2014 – Durée : 1h35

Leave a comment

We need to verify that you are not a robot generating spam.

See legal mentions

Don't forget that insults, racism, etc. are forbidden by Skyrock's 'General Terms of Use' and that you can be identified by your IP address (54.224.247.42) if someone makes a complaint.

Comments :

  • Serial-reader

    23/11/2014

    C'est une adaptation d'un dessin animé pour enfant qui passait quand j'étais petite. C'est vieux, et bien sur c'est classique. C'est plus un film souvenir qu'une réelle tentative de blockbuster.

Report abuse